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Au 1er janvier, le plastique à usage unique se fait encore plus discret

Au 1er janvier de chaque année, le champ d’utilisation du plastique à usage unique est un peu plus restreint. En 2022, les emballages en plastique d’une trentaine de fruits et légumes disparaissent. Ainsi que les films protecteurs des journaux, magazines et produits publicitaires.

Promulguée en février 2020, la loi Agec («Anti-gaspillage pour une économie circulaire ») est à mèche lente. Œuvre de l’ancienne secrétaire d’État Brune Poirson - qui est depuis lors repassée dans le privé - elle échelonne dans le temps l’interdiction du plastique à usage unique. Chaque 1er janvier, le nœud coulant se resserre un peu plus.

Le mouvement a démarré en 2020, avant même que la loi ne soit gravée dans le marbre, avec la prohibition des gobelets et des cotons-tiges. L’an passé, c’était au tour des pailles, des couverts, des touillettes et des boîtes en polystyrène expansé pour la restauration à emporter. Ce 1er janvier 2022, les emballages en plastique d’une trentaine de fruits et légumes disparaissent, ainsi que les films (les « blisters ») qui protègent les journaux, les magazines et les publications publicitaires. Sont également proscrits les jouets distribués avec les menus enfants et les sachets de thé s’ils comprennent du plastique.

Vu l’omniprésence du plastique dans nos vies - du tube de dentifrice aux bidons de lessive en passant par les films alimentaires - ces restrictions donnent le sentiment de vouloir araser une montagne à la pioche. « On estime à près de 140 milliards d’unités la quantité de produits ménagers jetables mis sur le marché par an en France », estime le ministère de la Transition écologique. Les effets des interdictions n’en sont pas moins réels. Les emballages des fruits et légumes représentent un milliard de pièces par an, pour 37 % des denrées présentées à la vente. Dans les magasins, les pommes et les poires qui ne sont pas en vrac seront désormais emballées dans du carton. Sans éliminer la question préalable : Pourquoi diable emballer des pommes ?

 

En finir avec le plastique jetable d’ici 2040

La loi vise l’éradication du plastique à usage unique avant 2040, avec un premier objectif de 20 % de réduction d’ici la fin 2025. Sa traduction dans les faits suppose une volonté politique constante dans le temps. Et elle doit composer avec les grands coups de freinage sur l’activité que la pandémie de Covid-19 a provoqués. « Le calendrier de mise en œuvre est resté le même, avec des assouplissements à la marge pour l’écoulement des stocks de plastique déjà en possession des acteurs économiques. On ne voit pas l’intérêt qu’il y aurait à détruire des produits qui n’ont pas été utilisés. Il y aura une tolérance de six mois », explique-t-on dans les services du ministère.

Les fruits et légumes les plus fragiles ont échappé au couperet : salades, champignons, pêches, fruits rouges... Ils pourront continuer à bénéficier des services du plastique jusqu’en 2026. Également exemptés, les contenants de plus d’1,5 kg. Ceci concerne par exemple les filets à oranges.

 

Le recyclage doit mieux faire

D’autres étapes sont à venir. La restauration rapide devra se doter de vaisselle réutilisable au 1er janvier 2023, par exemple. La loi vise aussi à rendre recyclables et réutilisables les plastiques à usage unique qui continuent à être distribués pour tendre vers 100 % en 2025. L’objectif est très (trop ?) ambitieux. Pour tenir la route, il doit s’accompagner de la mise en place de filières rentables. L’extension des consignes de tri des emballages ménagers (100 % du plastique à mettre dans le bac recyclable) à l’ensemble du territoire français est un levier important. « Les gisements mis à disposition des industriels atteindront une masse critique », justifie-t-on au ministère. Mais les produits qui contiennent de multiples polymères sont autant de casse-tête. Que celui qui a une idée brillante pour recycler un paquet de chips lève le doigt.

 

Le lexique du plastique

- Le plastique oxodégradable : Son interdiction entre en vigueur en deux temps, en 2021 et en 2022. C’est un plastique « classique », issu de la pétrochimie. Il se fragmente plus vite mais il ne s’élimine pas. Les polymères qui le composent sont stables dans l’environnement. Ils ne sont pas compostables.
- Le plastique biodégradable : C’est un plastique qui, sous certaines conditions, peut se décomposer (par compostage par exemple). Cette gamme de produits pétrochimiques ne disparaît pas si elle est jetée dans l’environnement, terrestre ou marin.
- Le plastique biosourcé : C’est un polymère qui peut avoir la même composition que le plastique dérivé du pétrole mais qui est fabriqué en tout ou en partie à partir de matériaux renouvelables, comme l’amidon de pomme de terre. En aval de leur usage, les plastiques biosourcés posent les mêmes problèmes que les plastiques pétrochimiques. Pour être autorisé, un plastique à usage unique de ce type doit être à la fois biosourcé et biodégradable.

Art du 31/12/2021 - SUD OUEST